Pourquoi préparer son bateau avant l’hiver ?
Un bateau laissé plusieurs mois sans surveillance se dégrade vite. L’humidité condense dans les volumes fermés, le sel et la saleté attaquent les surfaces, le gel peut fissurer les circuits d’eau et l’inaction altère les matériels. Une préparation méthodique limite ces risques et facilite la remise en service.
La démarche se résume souvent en quatre actions : débarquer, rincer, aérer, graisser. Elle s’adapte ensuite au lieu de stockage, au type de bateau et à son moteur. Pour chaque opération technique, la notice du fabricant et le manuel de l’utilisateur restent la référence, car les procédures varient d’un modèle à l’autre.

Hivernage à flot ou à terre : que choisir ?
Le choix dépend du port, de la place disponible, de la protection du site et du type de bateau. Un bateau à terre est à l’abri des mouvements de l’eau et des chocs contre les pontons, mais il doit être calé correctement et protégé des intempéries. Un bateau à flot reste exposé à la houle, aux coups de vent et aux frottements des amarres, ce qui impose de vérifier régulièrement les aussières, les défenses et le niveau de l’eau sous la coque.
Si le bateau reste à flot, son moteur doit être entretenu pendant l’hiver. Les professionnels recommandent de le faire tourner régulièrement, à l’eau douce, afin d’éviter que les organes internes ne s’encrassent ou ne gèlent. La fréquence exacte relève de la notice du moteur et des conditions du port.
Que débarquer et comment le ranger ?
Avant de quitter le bateau, débarquez tout ce qui peut s’abîmer ou attirer l’humidité. Les vêtements de mer se lavent à l’eau douce, puis se sèchent complètement et se rangent au sec. Le réfrigérateur se vide, se dégivre et reste porte ouverte pour éviter les mauvaises odeurs et les moisissures. Le matériel démontable, comme l’électronique portable, les accessoires et les voiles, se débarque et se stocke dans un local sec, à l’abri du soleil direct et des variations de température.
Le réservoir de carburant doit être plein pour limiter la condensation, qui favorise le développement de bactéries dans le gazole. Les produits d’entretien et les liquides inflammables se rangent dans un local ventilé, séparés des sources de chaleur.
Les déchets de bord ne doivent jamais être jetés à l’eau ni dans la nature. Les huiles usagées, le liquide de refroidissement usagé et les eaux de cale se déposent dans les points de collecte prévus par le port. Ce dispositif découle du décret n° 2021-1166 du 8 septembre 2021, qui transpose la directive (UE) 2019/883 : en principe, tous les navires faisant escale dans un port français doivent déposer leurs déchets, y compris les navires de plaisance. Le texte prévoit toutefois des exceptions et des aménagements, notamment pour les petits ports à faible trafic. Renseignez-vous donc auprès de la capitainerie de votre port.
Comment protéger le moteur du gel ?
Un moteur in-bord est refroidi par l’eau de mer. Avant tout traitement antigel, il faut donc rincer le circuit à l’eau douce et la laisser circuler suffisamment longtemps pour dissoudre le sel. Le circuit est ensuite rempli de liquide de refroidissement adapté, qui doit occuper tout le circuit pour protéger les pompes, les tuyaux et les pièces internes du gel.
La procédure dépend du type de circuit. Sur un circuit double, il suffit en général de vider l’arrivée d’eau et de contrôler le niveau du liquide dans le réservoir de compensation. Sur un circuit simple, le moteur doit monter en température pour que le thermostat s’ouvre et que l’antigel atteigne l’ensemble du circuit. Dans ce cas, il ne doit pas tourner longtemps sans refroidissement, car l’échappement n’est plus refroidi. Pour vérifier la protection, la concentration du liquide se contrôle avec un pèse-antigel.
Précautions : ne faites jamais tourner le moteur à sec, c’est-à-dire sans eau dans le circuit de refroidissement. Ne mélangez pas des antigels de types différents, et utilisez uniquement le produit prescrit par le fabricant. En cas de doute sur votre circuit, ne démarrez pas le moteur et faites appel à un professionnel.

Comment protéger voiles et cordages ?
Les voiles doivent être rincées à l’eau douce, puis séchées complètement avant d’être pliées ou roulées. Un pli humide favorise les moisissures et les taches qui affaiblissent le tissu. Elles se stockent ensuite à plat ou roulées, dans un sac aéré, hors d’atteinte des rongeurs et des rayons du soleil.
Les cordages se nettoient de leurs sels et de leurs salissures, se sèchent et se rangent à l’abri de l’humidité et des ultraviolets. Un cordage abîmé ou usé doit être remplacé avant la saison suivante plutôt que réparé à la hâte.
Comment aérer et couvrir le bateau sans le fragiliser ?
Une bâche protège des pluies, de la neige et des salissures, mais elle ne doit jamais enfermer hermétiquement un bateau stocké dehors. L’humidité s’y accumule, favorise les moisissures et dégrade les matériaux. Ménagez toujours une circulation d’air, en plaçant par exemple des absorbeurs d’humidité dans la cabine et en entrouvrant les panneaux lorsque la pluie le permet.
Dans un hangar d’hivernage, les règles sont souvent strictes et leur respect réduit les risques d’incendie. Le stationnement doit être conforme au règlement de la halle : pas de fumée, pas d’appareil de chauffage au gaz, alimentation électrique adaptée et aucun stockage de substances inflammables sans autorisation. Vérifiez aussi que votre stockage est bien prévu par votre contrat.
Quand et comment le remettre en service ?
Le réarmement est le moment de contrôler l’ensemble du bateau avant la première sortie. Commencez par une inspection générale : état de la coque, des accessoires et des équipements, puis des systèmes électriques. Vérifiez les fixations, les passe-coques et l’étanchéité des ouvertures.
Avant de démarrer le moteur, assurez-vous que le circuit de refroidissement est bien rempli d’eau de mer et que l’antigel a été évacué selon la notice, car un moteur mis en marche sans refroidissement peut être endommagé en quelques minutes. Contrôlez le niveau d’huile et l’état du carburant, puis vérifiez le matériel de sécurité embarqué selon la réglementation en vigueur avant tout départ.
Questions fréquentes
Dois-je prévenir mon assureur avant l’hivernage ?
Oui, il est prudent de vérifier les clauses d’hivernage de votre contrat. Certaines garanties dépendent du lieu de stockage, de la protection du bateau ou de la période couverte.
Puis-je laisser le mât en place pendant l’hiver ?
Cela dépend du bateau et du lieu de stockage. Des expertises signalent des dommages liés au vent sur le gréement d’un bateau à l’arrêt. Demandez l’avis de votre chantier et suivez la notice.
Que faire des batteries pendant l’hiver ?
Si possible, déposez-les et stockez-les dans un local sec, à l’abri du gel, en suivant les consignes du fabricant. Contrôlez leur charge avant le stockage et recontrôlez-la au printemps.