Que montre une carte marine pour les courants ?

Une carte marine ne se limite pas aux sondes, aux dangers et aux feux. Elle signale aussi, en certains points choisis, le courant de marée. Le SHOM, service hydrographique et océanographique de la Marine, publie ces informations pour les côtes françaises. Pour le plaisancier, l’enjeu est concret : savoir dans quel sens et à quelle vitesse l’eau porte le bateau à un moment donné, afin d’anticiper la route, la durée du passage et la marge de sécurité.

Il faut distinguer le courant de marée, lié au mouvement de la mer sous l’effet des astres, des autres courants, comme celui d’un fleuve en crue ou celui qu’entretient un vent soutenu. Les tableaux de la carte ne décrivent que le premier. Ils ne disent rien des autres, qu’il faut évaluer séparément.

Que montre une carte marine pour les courants ?

Comment lire les losanges magenta et leurs tableaux ?

Les points où le courant a été observé sont repérés par une lettre (A, B, C…) imprimée en magenta à l’intérieur d’un losange. Pour lire un point, procédez en trois temps : repérez la lettre la plus proche de votre route, retrouvez le tableau qui lui correspond, puis notez les lignes utiles pour l’heure de votre passage.

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Chaque tableau donne la direction et la vitesse du courant selon l’heure, comptée à partir de la pleine mer d’un port de référence voisin. Deux jeux de valeurs sont fournis pour chaque point. Le coefficient 95 correspond aux vives-eaux moyennes, où les courants sont généralement les plus forts. Le coefficient 45 correspond aux mortes-eaux moyennes, où ils sont plus faibles. Le coefficient exprime l’amplitude de la marée du jour : une marée intermédiaire n’a pas de tableau dédié. Dans ce cas, retenez la valeur la plus défavorable entre les deux tableaux et ajoutez une marge.

Un losange n’est ni un mouillage ni un signal de danger. C’est un point de mesure du courant, et rien de plus. Ne le confondez pas avec un obstacle figuré à proximité, qui exige sa propre vérification.

Pourquoi le port de référence et le coefficient comptent-ils ?

Les heures inscrites dans les tableaux ne sont pas des heures légales. Elles sont exprimées par rapport à la pleine mer d’un port de référence, choisi par le SHOM pour représenter la zone. Lire « deux heures » sans savoir de quelle pleine mer on parle revient à se tromper d’heure de passage, donc de courant. Avant toute conversion, vérifiez le port de référence indiqué pour la zone et l’heure de pleine mer correspondante.

Pour cela, consultez l’annuaire des marées du SHOM. Il donne les heures et hauteurs des pleines et basses mers, avec le coefficient associé au jour recherché. Le SHOM considère cette consultation comme indispensable avant d’utiliser un tableau de courant. Les tableaux ne servent d’ailleurs pas à calculer la marée avec précision : ils indiquent surtout si un calcul précis est nécessaire, compte tenu des profondeurs de la route et du tirant d’eau.

Attention également au coefficient affiché dans certains annuaires : il est généralement celui du port de Brest, et non celui de votre zone. Selon les documents du SHOM, cette différence doit être prise en compte dans votre calcul.

Comment utiliser l’atlas numérique du SHOM ?

Le SHOM diffuse des données numériques de courants de marée, consultables sur data.shom.fr. Il s’agit de fichiers qui donnent, heure par heure, les composantes du courant pour les coefficients 45 et 95, sur les côtes métropolitaines de la Manche et de l’Atlantique. Les points correspondent aux flèches des atlas papier. Les échéances sont exprimées par rapport à la pleine mer du port de référence de la zone.

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Méthodiquement, choisissez l’atlas couvrant votre zone, identifiez son port de référence, puis lisez l’heure correspondant à votre passage. Le format numérique permet de visualiser une succession d’heures sur une même zone, ce que la carte papier rend plus malaisé. Il ne remplace pas pour autant la vérification sur la carte et dans l’annuaire, car une erreur de zone ou de port de référence fausse tout le résultat. Les données sont soumises au droit d’auteur : consultez les conditions d’utilisation sur le site du SHOM avant toute réutilisation.

Comment utiliser l'atlas numérique du SHOM ?

Vent et pression : que faut-il ajouter ?

Les tableaux décrivent un courant de marée attendu dans des conditions moyennes. Ils ne tiennent pas compte de la situation météorologique du jour. Un vent établi peut modifier le courant de surface et rendre la mer plus hachée, en particulier lorsqu’il souffle contre le courant. Une dépression ou un temps particulier peuvent aussi modifier le niveau de l’eau. Ces effets ne sont pas chiffrés dans les tableaux : il faut les apprécier à partir du bulletin de météo marine et de l’expérience locale.

Si le vent est établi contre le courant, attendez-vous à une mer plus forte et à un courant réel différent de la moyenne. Dans ce cas, réduisez la marge de sécurité, choisissez une autre heure de passage ou reportez la sortie.

Erreurs fréquentes et précautions à prendre

Les erreurs les plus courantes sont peu nombreuses, mais elles ont des conséquences directes. Lire le tableau d’une autre zone ou d’une autre édition de la carte en fait partie. Oublier que l’heure lue est référencée au port et non à l’horloge de bord en est une autre. Traiter une valeur moyenne comme une valeur exacte, ou négliger un haut-fond sur la route alors que le courant est fort, expose à une mer hachée et à une route qui ne tient pas.

Si le courant réel est plus fort que prévu, ne forcez pas. Réduisez la vitesse, ajustez la route pour rester dans des eaux plus calmes ou attendez l’étale à l’abri lorsque c’est possible. En cas de doute sur la lecture de la carte ou sur les conditions du jour, renoncez au passage et refaites le calcul à terre, sur la carte et dans l’annuaire.

Questions fréquentes

Le courant est-il nul lorsque le tableau indique une vitesse faible ?

Non. Une vitesse faible signifie seulement que le courant est peu marqué à cette heure. L’étale, moment où le courant s’annule entre deux renverses, est bref et ne doit pas être confondu avec une absence de courant.

Faut-il une carte papier à bord si l’on utilise une application de navigation ?

Cela dépend de la réglementation et des équipements de votre navire. Une carte papier à jour, ou une source de secours équivalente, reste la solution la plus sûre si l’appareil numérique tombe en panne. Vérifiez les exigences applicables à votre navigation auprès des autorités compétentes.

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