Où repérer le symbole du phare sur la carte ?

Sur une carte marine du Shom, un phare apparaît sous la forme d’un symbole accompagné de son nom et de ses caractéristiques lumineuses. Commencez par retrouver ce nom à côté du symbole : c’est lui qui fait le lien entre la carte, le paysage et les ouvrages nautiques. Les caractéristiques, elles, décrivent la lumière émise. Elles doivent toujours être lues ensemble, jamais isolément.

Sur le terrain, cette correspondance se vérifie par un relèvement. Un phare dont vous ne retrouvez ni le nom ni la forme sur la carte peut être un feu secondaire, un feu de port ou un feu qui ne figure pas sur votre document. Dans ce cas, ne l’utilisez pas comme repère sans confirmation.

Avant de vous fier à un feu, vérifiez aussi que la carte est en vigueur : consultez sa date d’édition et les corrections publiées depuis. Un feu peut être modifié, déplacé ou éteint, et une carte ancienne peut donner une information périmée.

Publicité

Où repérer le symbole du phare sur la carte ?

Comment lire l’abréviation d’un feu ?

Les caractéristiques d’un feu s’écrivent en abréviations normalisées. Elles décrivent le type de feu, sa couleur, sa période, sa hauteur et sa portée. Ces codes sont définis dans l’ouvrage du Shom consacré aux symboles, abréviations et termes utilisés sur les cartes marines, que nous détaillerons plus loin.

Ne devinez jamais une abréviation par analogie avec une autre carte ou une autre source. Les anciennes cartes du Shom et les cartes aux normes internationales ne suivent pas toujours les mêmes conventions. Une abréviation mal interprétée peut faire confondre deux feux voisins, surtout lorsque plusieurs feux sont proches les uns des autres.

La méthode la plus sûre consiste à lire la caractéristique dans son ensemble, de gauche à droite, puis à noter chaque élément dans l’ordre. Si un code reste obscur, ne le traitez pas comme négligeable : cherchez-le dans l’index des abréviations avant de l’utiliser pour une décision de route.

Pourquoi la portée ne se lit-elle pas d’une seule façon ?

Trois notions se côtoient sur une carte et dans les documents nautiques. Les confondre fausse l’estimation de la distance à laquelle vous verrez réellement le feu. Selon le dictionnaire hydrographique de l’Organisation hydrographique internationale, la portée nominale est la portée lumineuse du feu dans une atmosphère homogène où la visibilité météorologique est de 10 milles. Elle s’exprime en milles, et c’est la valeur que la carte indique.

La portée géographique est, elle, la plus grande distance à laquelle le feu peut être vu compte tenu seulement de la courbure de la Terre, des hauteurs de la source lumineuse et de l’observateur, et de la réfraction atmosphérique. Elle dépend donc de la géométrie : plus le feu et votre œil sont hauts, plus elle augmente.

La portée lumineuse, enfin, est la plus grande distance à laquelle le feu peut être vu compte tenu uniquement de son intensité et de la visibilité météorologique. Par brume, un feu peut ainsi disparaître bien avant sa portée géographique.

En pratique, la valeur écrite n’est pas une garantie. Ce qui compte pour votre route est la distance à laquelle vous voyez réellement le feu, qui dépend de la météo, de la hauteur de votre œil et de la transparence de l’air.

Publicité

Comment comprendre un feu à secteurs ?

Certains feux montrent plusieurs couleurs selon la direction d’où on les regarde. Sur la carte, ils se reconnaissent à la mention WRG, qui désigne le blanc (W), le rouge (R) et le vert (G). Chaque secteur est délimité par des pointillés tracés depuis le feu, et une lettre indique sa couleur. Repérez d’abord ces mentions avant de chercher le détail de chaque secteur.

L’exemple du feu de Piriac-sur-Mer montre la lecture pratique. Le secteur blanc guide directement les bateaux dans le chenal du port. Le secteur rouge correspond à une zone dangereuse, où les écueils interdisent de s’aventurer. Le secteur vert peut être praticable, mais seulement en contournant la cardinale Nord du Grand Norven.

La couleur que vous percevez dépend de votre position, pas seulement du feu. La carte permet de la prévoir : tracez votre route, repérez les secteurs traversés et notez, pour chaque position, la couleur attendue. Une couleur observée qui ne correspond pas à cette prévision est un signal d’alerte, pas une anomalie à ignorer.

Comment comprendre un feu à secteurs ?

Quand vérifier un feu avant une navigation de nuit ?

La préparation se fait à terre, avant le départ. Repérez sur la carte chaque feu de votre route, identifiez ses secteurs et les dangers qui les bordent, puis reportez les limites de ces secteurs sur votre plan de route. Une navigation de nuit impose de connaître la couleur attendue à chaque étape du trajet, et pas seulement à l’arrivée.

Pendant la navigation, ne reposez pas votre sécurité sur un seul repère. Recoupez le feu avec d’autres éléments : balisage visible, relèvements, sonde, positionnement. Lorsqu’un feu à secteurs guide vers un chenal, restez dans le secteur blanc et ne sortez pas de ce secteur tant que votre position n’est pas confirmée.

Si vous hésitez, réduisez votre allure et prenez le temps de confirmer. Une arrivée de nuit mal préparée est l’un des cas où l’erreur coûte le plus cher : mieux vaut une arrivée reportée au jour qu’une entrée douteuse.

Où trouver le détail officiel ?

Le Shom publie l’ouvrage 1D, intitulé « Symboles, abréviations et termes utilisés sur les cartes marines ». Son édition en vigueur est à jour au GAN 1921, datée du 15/05/2019, et sa validité n’est pas limitée dans le temps.

Publicité

Cet ouvrage s’applique aux cartes papier. Les symboles affichés sur les écrans de navigation peuvent différer de ceux qu’il décrit. Une lecture sur écran doit donc toujours être recoupée avec la carte papier officielle, à jour.

L’ouvrage complet est payant ; seul un extrait est téléchargeable gratuitement. Vérifiez la version en vigueur sur le site du Shom avant tout usage.

Questions fréquentes

Que faire si la couleur observée ne correspond pas à la carte ?

N’engagez pas la passe. Revenez vers un secteur dont la couleur vous est connue, recoupez votre position avec un autre repère, puis mouillez ou attendez le jour si le doute persiste.

Faut-il une carte à grande échelle pour lire un feu à secteurs ?

Une échelle plus grande permet de tracer les limites des secteurs avec plus de précision, surtout près de la côte. Utilisez une carte à jour qui couvre toute la zone de route.

Que faire si un feu n’a pas de mention WRG sur la carte ?

Ne déduisez rien. Relisez la caractéristique complète et confirmez le type de feu dans l’ouvrage 1D du Shom avant de l’utiliser comme repère.

À lire aussi