Pourquoi la signalisation d’urgence reste-t-elle vitale en mer ?

En mer, personne ne vous voit depuis la côte, et votre téléphone peut ne plus capter. Un navire en difficulté doit donc pouvoir se faire repérer par les sauveteurs et par les autres navires, de jour comme de nuit. C’est le rôle des feux à main, des fusées parachute et des fumigènes, qui viennent compléter la radio et ne la remplacent pas.

La signalisation n’a qu’un objectif : déclencher ou guider une assistance. Elle ne vaut que si elle est comprise, bien placée et utilisée au bon moment. Un matériel présent à bord mais périmé, humide ou mal rangé ne rend aucun service.

Pourquoi la signalisation d'urgence reste-t-elle vitale en mer ?

Quel matériel de signalisation la réglementation exige-t-elle selon votre zone ?

La réglementation française de la plaisance, connue sous le nom de « division 240 », répartit la navigation en zones selon la distance qui sépare le bateau d’un abri. Le matériel de signalisation obligatoire dépend de la zone dans laquelle vous naviguez. La fiche d’information publiée par le ministère chargé de la mer détaille ces zones et le matériel associé. Le choix de la distance de navigation relève du chef de bord, en tenant compte de la catégorie de conception du navire.

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Les sources que nous avons pu consulter ne se recoupent pas sur les quantités exigées pour chaque zone. Certaines présentent un ensemble de feux, de fusées et de fumigènes comme obligatoire au-delà d’une certaine distance ; d’autres indiquent que ces engins ne sont plus exigés au-delà d’une distance donnée, la VHF fixe pouvant alors primer. Nous ne donnons donc aucune quantité ici. Avant chaque sortie, consultez le texte en vigueur sur Légifrance et la fiche à jour du ministère chargé de la mer, puis contrôlez le matériel de votre bord.

Feux à main, fusées parachute, fumigènes : quelles différences ?

Chaque engin a un rôle propre, et aucun ne remplace totalement les autres.

  • Feux à main : ils signalent votre présence à courte distance, lorsqu’un navire ou une embarcation de secours s’approche. Tenez-les à bout de bras, loin du corps, du gréement et des voiles.
  • Fusées parachute : elles s’élèvent et laissent voir leur lumière à grande distance, de nuit comme de jour. Elles servent à attirer l’attention de navires ou de moyens de secours éloignés.
  • Fumigènes : ils produisent une fumée colorée, utile de jour pour repérer la position du bateau, notamment par mer forte ou temps couvert. Ils sont peu efficaces la nuit.

Suivez strictement la notice du fabricant pour la prise en main et le sens de tir. Un engin mal manipulé peut provoquer brûlures et incendie : ne le dirigez jamais vers une personne ni vers le bateau, et ne le manipulez pas à proximité de carburant.

Comment alerter les secours en mer ?

La VHF reste le premier moyen d’alerte. Dès qu’un danger vous menace, utilisez le canal 16 : il vous met en relation directe avec le CROSS de votre zone et permet d’alerter les navires proches. La VHF fonctionne sans réseau de téléphonie mobile. Annoncez clairement le nom du navire, sa position, la nature de la détresse et le nombre de personnes à bord.

Depuis le littoral, un témoin qui observe une détresse en mer compose le 196, numéro gratuit et joignable en permanence pour contacter le CROSS. Ce numéro s’adresse à la personne à terre ; il ne remplace pas la VHF pour le navire en difficulté.

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Comment alerter les secours en mer ?

Quand utiliser la pyrotechnie plutôt que la VHF ?

Les engins pyrotechniques se réservent à la détresse réelle, lorsque la radio ne suffit pas ou lorsque votre position doit être repérée visuellement : incendie à bord, voie d’eau non maîtrisée, personne tombée à la mer, avarie qui vous immobilise dans une zone exposée. En cas de doute, commencez par la VHF.

Une fusée vue d’un navire ou de la côte déclenche une recherche. Si le danger est écarté, prévenez le CROSS sur le canal 16 pour annuler l’alerte et libérer les moyens engagés. Ne tirez jamais un engin pour une fête, un signal amical ou un essai : un usage abusif peut être sanctionné d’une amende pouvant aller jusqu’à 30 000 euros, selon le CROSS Antilles-Guyane.

Comment stocker et vérifier les dates de péremption ?

Les engins pyrotechniques ont une durée de validité limitée, souvent de l’ordre de trois ans selon les communications officielles. La date imprimée sur chaque engin fait foi : contrôlez-la avant chaque saison et après chaque sortie. Un engin périmé, dont l’emballage est humide ou dont l’état semble altéré ne doit plus être considéré comme utilisable.

Rangez le matériel dans un endroit sec, frais et accessible rapidement, connu de tout l’équipage. Évitez la chaleur, les carburants et l’humidité. Ne l’enfermez pas dans un coffre dont personne ne connaît l’emplacement, et ne le laissez pas à portée des enfants.

Que faire des engins périmés ou usagés ?

Ne les jetez ni à la poubelle ni en déchèterie : un engin périmé reste actif et instable. Rapportez-le à un point de collecte. Depuis le 1er janvier 2022, les points de vente d’engins de signalisation de détresse les reprennent sans obligation d’achat, qu’il s’agisse de produits périmés, usagés ou dont vous voulez vous défaire. L’éco-organisme PYRéO organise cette filière : consultez son site pour trouver le point le plus proche.

En cas de doute sur l’état d’un engin, ne le manipulez pas. Prévenez le revendeur ou les services de collecte de votre commune, qui vous indiqueront la marche à suivre.

Questions fréquentes

Que faire si une fusée a été tirée par erreur et qu’un navire l’a vue ?

Prévenez immédiatement le CROSS par VHF sur le canal 16 en précisant qu’il s’agit d’une fausse alerte, afin qu’il annule les moyens de secours engagés.

Peut-on tester une fusée pour vérifier qu’elle fonctionne encore ?

Non. Un engin pyrotechnique ne se teste pas à bord. S’il est périmé ou d’un état douteux, considérez-le comme dangereux et rapportez-le à un point de collecte.

Peut-on transporter des fusées de détresse en voiture ou en avion ?

Renseignez-vous avant tout déplacement auprès du transporteur et des autorités compétentes, car les règles applicables aux articles pyrotechniques sont strictes.

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