Comment mouiller en sécurité ?
Le mouillage est un arrêt provisoire à l’ancre. Il ne remplace ni un port, ni une bouée d’amarrage, ni un chantier. Deux formes existent. Le mouillage forain se fait avec l’ancre et la chaîne du bateau, qui sont relevées après chaque déplacement. Le mouillage fixe repose sur un équipement installé sur le domaine public maritime, chaîne, bloc ou bouée à anneau, qui reste en place même lorsque aucun bateau n’est amarré. Le mouillage fixe exige une autorisation, délivrée par la DDTM en métropole ou par la direction de la mer outre-mer (Ministère de la Mer).
Avant de jeter l’ancre, choisissez un poste où le fond tient, à l’écart des chenaux, des routes fréquentées et des autres navires. Laissez filer une longueur de chaîne suffisante : le Parc national des Calanques recommande de filer trois fois la hauteur d’eau, valeur à adapter au vent annoncé et à la nature du fond (Parc national des Calanques). Évitez de mouiller en marche arrière. Une fois l’ancre posée, tirez progressivement sur la chaîne, puis vérifiez l’accrochage en observant deux repères fixes à terre. Si l’un d’eux bouge, l’ancre n’a pas tenu.

Quels feux et marques montrer au mouillage ?
Les feux et marques d’un navire au mouillage sont fixés par la règle 30 du Règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM), publié en France par le décret n° 77-733 du 6 juillet 1977. Dans l’ensemble, le navire montre à l’avant une boule noire, visible de jour, ou un feu blanc visible sur tout l’horizon. À l’arrière, il montre un feu blanc tout horizon, placé plus bas que le feu avant. Pour les navires de petite longueur, un seul feu blanc tout horizon peut suffire.
Les très petites unités ne sont pas tenues de montrer de feux ni de marque au mouillage, sauf lorsqu’elles sont proches d’un chenal étroit, d’un mouillage fréquenté ou d’une route très fréquentée. Ce cas est à ne pas prendre à la légère : c’est précisément dans ces lieux que l’absence de signalisation crée un risque d’abordage. Avant de naviguer, relisez le texte consolidé du décret, car les seuils de longueur et les conditions exactes y sont précisés.
Pourquoi la veille reste-t-elle indispensable ?
La règle 5 du RIPAM impose à tout navire de maintenir en permanence une veille appropriée, par la vue et par l’ouïe (OMI, COLREG). Au mouillage, cette veille remplit trois fonctions : repérer un dérapage, anticiper l’approche d’un navire en route, et détecter une dégradation du temps. Un bateau au mouillage forain laissé sans surveillance peut dériver sur un voisin sans que personne ne réagisse. La veille doit donc être assurée à bord, ou par un équipage capable de réagir rapidement à tout signe anormal.
Où a-t-on le droit de jeter l’ancre ?
Le mouillage fixe requiert une autorisation. Le mouillage forain n’en requiert pas en règle générale, mais il reste soumis aux interdictions locales. Les règles dépendent donc du lieu, et deux zones de nature différente sont à connaître.
Les arrêtés préfectoraux fixent des règles propres à certains secteurs. Dans le Parc national des Calanques, trois arrêtés de la préfecture maritime de la Méditerranée datés du 20 mai 2021 encadrent la navigation, le mouillage et la plongée. L’arrêté n° 2021_099 réglemente le mouillage des navires de 24 m et plus sur le littoral des Bouches-du-Rhône et du Var. Les arrêtés n° 2021_100 et n° 2021_101 visent respectivement Marseille et Cassis (Parc national des Calanques).
Les zones de mouillages et d’équipements légers (ZMEL) constituent l’autre cas. Elles sont organisées par convention entre l’État et un porteur de projet, avec un règlement de police qui fixe les règles de navigation, de sécurité et de propreté. Elles sont autorisées par décision du préfet de département, prise conjointement avec le préfet maritime (Ministère de la Mer).

Comment protéger la posidonie et les fonds ?
La posidonie (Posidonia oceanica) figure sur la liste des espèces végétales marines protégées fixée par l’arrêté du 19 juillet 1988, publié au Journal officiel du 9 août 1988. Ce texte interdit sa destruction. Il reste cité dans les documents administratifs récents, et un projet de remplacement a été mis en consultation en 2023. Avant tout mouillage, vérifiez sur Légifrance la version en vigueur du texte.
Le mouillage est aujourd’hui la principale pression mécanique sur les herbiers : l’impact des ancres est directement en cause. La superficie des herbiers a reculé d’environ 20 % au cours du XXe siècle, et la baie de La Ciotat a perdu 30 hectares en dix ans (Parc national des Calanques). Pour limiter les dégâts, choisissez une zone sableuse, évitez les herbiers visibles, et relevez l’ancre à l’aplomb du bateau. Un orin, cordage relié à la tête de l’ancre et à une bouée, permet de la remonter verticalement sans la traîner sur le fond.
Comment reprendre la main en cas de dérapage ?
Le dérapage se reconnaît à des signes simples : un repère à terre qui se déplace, une distance qui diminue avec un voisin, un bateau qui se met en travers du vent ou du courant. Dès ces signes, prévenez l’équipage, mettez le moteur en route et tenez-le prêt à manœuvrer. Dégagez la zone à risque en reprenant de la chaîne ou en relevant l’ancre, puis remouillez dans un espace suffisant, en reprenant la procédure de contrôle.
Si le vent forcit ou si le fond n’accroche pas, ne persistez pas. Quittez le mouillage, quitte à rejoindre un abri plus sûr. Si la situation échappe au contrôle de l’équipage, demandez de l’aide au CROSS, centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage, qui coordonne les secours en mer.
Questions fréquentes
Que faire si un autre bateau mouille trop près du mien la nuit ?
Commencez par le prévenir à la VHF ou à voix haute si la distance paraît critique, puis observez ses mouvements. Si le risque persiste, quittez votre poste plutôt que d’attendre. Le dialogue vient en premier, la manœuvre ensuite.
Un bateau immatriculé à l’étranger doit-il respecter les mêmes règles de mouillage en France ?
Oui. Les règles de navigation du RIPAM et les arrêtés locaux s’imposent à tout navire présent dans les eaux françaises, quel que soit son pavillon. Il est prudent de vérifier les arrêtés de la zone avant de mouiller.
Comment savoir si une zone est réglementée avant d’arriver ?
Consultez les arrêtés publiés par la préfecture maritime compétente, puis prenez contact avec la DDTM ou la direction de la mer de votre secteur. Une vérification avant le départ évite de commettre une infraction en arrivant.