Quels sont les premiers réflexes face à un homme à la mer ?
La priorité est de ne pas perdre la personne tombée à l’eau. Désignez immédiatement une personne qui ne quitte pas des yeux la victime et qui indique sa position au barreur. Lancez la bouée de repérage, puis déclenchez l’alerte sans attendre d’avoir récupéré quoi que ce soit : le repérage visuel devient vite difficile, surtout par mer formée ou de nuit.
Le bateau ne doit pas s’éloigner de la zone sans raison. Si la personne est retrouvée, le rapprochement doit se faire lentement, en gardant la victime du côté sous le vent et en surveillant l’hélice du moteur, moteur coupé ou au point mort dès que possible. Une personne qui se trouve dans l’eau ne doit jamais être laissée seule sans repère visuel.

Comment alerter le CROSS depuis le bateau ?
En mer, le moyen à privilégier est la VHF sur le canal 16. Ce canal vous met directement en relation avec le CROSS, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de votre zone. Il fonctionne sans réseau mobile et permet aussi d’alerter les navires alentour, qui peuvent porter assistance avant les secours.
La réglementation impose une VHF fixe dès la navigation semi-hauturière, c’est-à-dire au-delà de 6 milles d’un abri, depuis le 1er janvier 2017. Pour la navigation hauturière, au-delà de 60 milles d’un abri, une VHF fixe et une VHF portative sont obligatoires depuis le 1er mai 2015. Avant chaque sortie, vérifiez que la radio est en état de marche et que chacun à bord sait la basculer sur le canal 16.
MAYDAY ou PAN PAN : quel message choisir ?
Le MAYDAY signale un danger grave et imminent, qui menace le navire et tous ses occupants et exige une assistance immédiate. Le PAN PAN est un message d’urgence portant sur la sécurité du navire ou des personnes à bord, sans danger imminent de détresse.
Une personne tombée à l’eau dont la survie est menacée relève, en principe, d’un danger grave et imminent : le MAYDAY est alors le message adapté. Le choix doit suivre la gravité réelle de la situation. Si vous hésitez, consultez la définition officielle publiée par le ministère chargé de la mer et gardez en tête que le message doit être clair et complet, quel que soit son type.
Que dire dans le message de détresse ?
Le message suit un ordre simple, que vous pouvez préparer à l’avance sur une fiche plastifiée à côté de la radio :
- Le signal : « MAYDAY » ;
- Le nom du navire, répété trois fois ;
- La position, si possible en coordonnées GPS ou par rapport à un repère connu ;
- Le motif de l’appel : par exemple, une personne est tombée à la mer ;
- L’aide demandée ;
- Les intentions des personnes à bord et le nombre de personnes présentes.
Répétez le message jusqu’à obtenir un accusé de réception. Ne coupez pas la communication sans l’avoir obtenu, et restez à l’écoute du canal 16.

Comment joindre le CROSS depuis le littoral avec le 196 ?
Le numéro 196 est le numéro d’appel d’urgence en mer. Il est gratuit, joignable 24 h/24 et 7 j/7, depuis un téléphone fixe ou mobile, et met en relation avec le CROSS. Il est l’unique numéro de téléphone pour joindre le CROSS en cas d’urgence depuis le littoral.
Sa limite est importante : en mer, il ne remplace pas la VHF. Il ne permet pas la diffusion de l’alerte à tous les navires de la zone, ni la réception des bulletins météo ou l’écoute des appels d’autres navigateurs. Il dépend par ailleurs de la couverture du réseau mobile, qui n’est pas garantie au large. Enregistrez le numéro dans votre téléphone avant de partir.
Pourquoi prévenir la chute par le gilet et le coupe-circuit ?
Le gilet est le premier moyen de survie, mais il doit être adapté à chaque personne. La réglementation de la plaisance (division 240 annexée à l’arrêté du 23 novembre 1987 modifié) prévoit des équipements individuels de flottabilité (EIF) de trois niveaux de performance, 50, 100 et 150, alignés sur la norme NF EN ISO 12402. Le niveau à retenir dépend de la zone de navigation et du poids de chacun. À titre d’exemple, un enfant de 30 kg doit porter, avec un EIF de niveau 50, une flottabilité d’au moins 35 ; un adulte de 65 kg, avec un EIF de niveau 150, doit disposer d’au moins 130. Vérifiez les marquages CE ou « barre à roue », et le chef de bord contrôle que chaque personne dispose de son EIF.
La bouée de repérage en fer à cheval ou en couronne est obligatoire à partir de la dotation côtière, soit au-delà de 2 milles d’un abri. En dessous de 6 milles, elle ne peut pas être remplacée par le port d’un EIF, même muni d’un dispositif lumineux. Chaque personne doit aussi disposer d’un dispositif lumineux individuel, fixé à son EIF ou porté sur elle, avec une autonomie d’au moins 6 heures.
Le coupe-circuit filaire concerne notamment les hors-bord à commande à la barre ou déportée et les véhicules nautiques à moteur. Il doit être relié au poignet, à la jambe ou à un point fixe de l’EIF du conducteur dès que le moteur tourne. Il ne doit pas être allongé ni déplacé pour faciliter les mouvements. Un second coupe-circuit filaire doit être accessible à bord, et son emplacement doit être connu de toutes les personnes présentes : il sert à redémarrer le moteur et à aller chercher une personne tombée à l’eau. Si votre moteur est concerné, consultez la documentation du fabricant pour le type de dispositif et son mode de montage.
Comment s’entraîner à la manœuvre de récupération ?
La manœuvre de récupération dépend de la taille du bateau, de sa hauteur de franc-bord, des moyens de remontée installés et de la condition de la personne. Elle ne s’improvise pas. Le plus sûr est de s’exercer régulièrement, à quai ou dans une zone abritée, avec un équipement réel : une bouée, une ligne et un mannequin ou un volontaire équipé d’un EIF, sous la surveillance d’une personne expérimentée.
Avant le départ, faites un briefing d’équipage : qui surveille la personne à l’eau, qui lance la bouée, qui tient la radio et où se trouvent les moyens de remontée. Pour une formation structurée, renseignez-vous auprès des écoles de voile ou des centres de formation agréés.
Restez prudent lors de la remontée. Ne vous jetez jamais à l’eau sans équipement de flottaison ni ligne de sécurité. Les méthodes de remontée varient d’un bateau à l’autre : consultez la documentation du fabricant de votre bateau et de vos équipements avant de décider d’une technique.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si la personne à l’eau n’est plus visible ?
Continuez à signaler la dernière position connue sur le canal 16, sans quitter la zone si la sécurité le permet. Le CROSS coordonne les moyens de recherche et ne doit pas être laissé sans éléments de position.
Quelle est la différence entre un EIF de niveau 50 et un EIF de niveau 150 ?
Le niveau 50 donne une aide à la flottabilité, tandis que le niveau 150 offre la flottabilité la plus élevée. Le choix dépend de la zone de navigation et du poids de chaque personne.